Suis-je la gardienne de ma sœur ?

October 26, 2017

Il y a dans nos consciences, dans nos explorations, des pressions à être dans l'effacé. Pourtant, je me sens superbe et reçue de femmes incroyables. Alors pourquoi ce malaise ? Surtout dans nos métiers. 

 

1) La culture du tabou et l'incompréhension de la "pudeur" 

 

 Je n'ai jamais parlé de sexualité avec ma mère. Je n'ai jamais parlé avec elle, l'importance d'aller voir un gynéco, la violence d'en trouver un-e plutôt malsain. Quand j'ai eu mes règles, j'étais un peu désorientée, quand j'ai vu mes seins, ils étaient aussi pesants que ma déception. Entre 10 et 12 ans, j'ai été horrifiée de mon corps et j'ai commencé à intériorisé. Toutefois, ma mère a toujours été une "femme dite malade" donc qui doit guérir. Je l'ai vue aussi se taire des souffrances et se soigner. Tous les jours comme quelqu'un qui va prier, je l'ai vue se piquer à cette dite insuline. Ma mère ne m'a rien expliqué  pourtant elle m'a offert des outils inestimables. Plutôt prévenir que guérir.  .  C'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai lu, cherché et appris la santé sous toutes ses coutures, et dédramatiser nos relations à la sexualité. A partir de ma propre perspective qui n'est pas ... 

 

2) ... n'est pas une sous-culture.

 

 Ma sœur Myriam m'a demandée, "je veux aller à un workshop sur le chakra du cœur, mais je ne sais pas si j'ai le niveau." Et ça m'a scandalisée. Les énergies deviennent capitalisées, blanchisées à tel point qu'on doive réflexionner sur notre capacité à ouvrir notre cœur. Encore plus, ne pas voir que cela soit déjà fait. A partir de quel regard nous lisons-nous ? Il est important de rester conscient-e de nous-mêmes et notre héritage culturel dans notre évolution spirituelle. Les jeux de pouvoir et de domination persistent dans les ateliers spirituels. & nous avons intérêt à nous dégager des malaises ou techniques d'invisibilisation/ Réappropriation qui se décuplent. Comment avoir peur de ne pas avoir le niveau face un-e professeur-e qui se réapproprie possiblement la technique de ta grand-mère hein? N'oublie pas ton pouvoir et ne sois pas intimidé-e par les techniques d'apprentissage élitistes. Les gênantes et excluantes qui vont plutôt nourrir un mal-être. 

 

 

 

Qui t'entoure ? 

 

 

 

 En Espagne, j'ai appris et été chamboulée par nos énergies de l'utérus. J'ai reçu par des femmes qui me ressemblent, qui avaient déjà une chaleur inexplicable dans les mains, et nous étions confortables les unes aux autres. En France, j'ai essayé et je me suis tâtée. 

J'ai tenté un second niveau d'apprentissage. C'était FROID. Les tapis éloignés, les expressions des "femmes" me gênaient.  La vision horrifiée de la femme "grand mère" en nous, alors que pour moi c'est la plus belle. La "grand-mère" était unanimement considérée comme la plus à craindre. Vieillir était une phobie sur les 4 femmes sur 5 présentes. J'ai passé donc 4 heures avec un groupe avec qui je ne pouvais pas vibrer. Et pour apprendre, VIBRER C'EST IMPORTANT. I WANT TO FEEL YOUR HUMAN TOUCH ! *SpiceGirlsRepresent* Blanches et bourgeoises made in intramuros. Elles sont différentes de moi, de mon langage, et s'installent dans un discours de la femme unique (où forcément : on se sent à l'étroit). A force d'avoir ces représentations où l'on parle de ce genre de sexualité, où on essaie de s'immiscer, on en oublie de lire que nos cultures. Il y a un conditionnement de nous représenter avec nos lunettes de tabous et notre flemme de (se) parler par peur d'être une jugé-e. Parce que forcément dans ce workshop, je n'ai pas eu envie de me dévoiler/me partager. Et c'est dommage, car je suis convaincue qu'on pourrait dépasser et créer des groupes riches pour tout-e-s. Sortir de nos zones de conforts ensemble. C'est archi beau. 

 

 

 

 

Moi, j'ai grandi entre les appétits des excès, de la rebellion mais aussi et surtout du silence et la déconnexion. J'avais honte de moi, de mon corps, j'ai mis du temps à me sentir à l'aise avec ma chatte. Nous sommes beaucoup dans cet état et le jugement du "entre nous" pourrait naître dans ça là! : la mauvaise estime de soi. Se juger pour se défouler ,genre, alors que nous étions juste les résultats de pensées patriarcales, machistes et figées . Entre la banalisation de la "beurette" option salope à dégueulasser, ou de la femme voilée qui- peut être se fait sodomiser-, j'ai vu mes sœurs s'en prendre plein la gueule par des esprits obsédés de leurs malaises. La beurette est à gâcher, à salir, voilée ou non voilée, croyante ou athée. Jusqu'à ce qu'on raisonne nous mêmes en connes binarités. 

Je n'en veux à personne et j'insiste sur ce fait qui n'est pas une généralité. J'ai connu les apaisées, les tranquilles, les je m'en fous. En m'ouvrant j'ai été surprise par les tolérances et bienveillances. Même en me ratant, j'ai sous-estimé le regard des mien/nes sur ma gueule. Quand tu guéris, ton collectif guérit aussi. Alors je crois qu'il faut impliquer nos sœurs dans nos luttes. Dès que j'ai appris la technique sur le reiki-utérus, j'ai été voir ma mère DIRECT.  Je l'ai vue respirer, ma mère. J'ai vu cet impossible, une connexion encore plus forte entre nous. Elle m'a fait confiance aussi, elle m'a laissée-faire.  Les outils que l'on va chercher sont applicables dans nos réalités les plus directes. & les influencent presque immédiatement. Guérir a changé tous les liens que je pensais toxiques, rompus ou fichus dans ma famille. Donc je perçois la collectivité de la même façon. Réintégrer des outils à notre quotidien et surtout à nos luttes. Et surtout, rester conscient-e de notre capital, notre race, notre origine, d'où tu viens. 

 

 

 

4) Qui a fait notre représentation, à partir de quelle réalité on se pense ? 

 

Image par  Ayqa Khan

 

S'instruire de façon apaisée, par des représentations et un langage que l'on connaît. Oser parler d'un malaise ou oser poser des questions. Oser déjà se dire être sexué. A force de lire comment on est représenté dans nos espaces de banlieue par exemple, on intègre par l'image privilégiée comment on doit se comporter bien plus que que par l'aspect "traditionnalisé". En d'autres termes, nous nous pensons dans un cercle fermé parce que les ouvertures mentales nous ont été confisqués. Alors, il est pénible et totalement freinant de construire notre pensée jusqu'à nos espaces. 

Alors, ça se fait non ? Fatima Khemilat prend la belle parole. 

 

"Cette vidéo a vu le jour pour trois raisons. La première c'est qu'il existe assez peu d'interfaces par le biais desquels les personnes pudiques peuvent avoir accès de manière ludique à de la connaissance en matière de sexualité. La deuxième raison c'est que le corps des femmes reste assez peu connu et notamment par les femmes elles-mêmes! L'idée c'est de permettre à chacun-e de se familiariser avec des notions simples. Troisième raison, comme toute discipline, la médecine n'a pas fait l'économie de visions racistes et sexistes dans son appréhension du corps des femmes. Ces vidéos d'éducation populaire pudique et révolutionnaire ont donc pour ambition de répondre à ces trois défis. N'hésitez pas à la partager autour de vous, auprès de vos ami-e-s et/ou partenaires!"

 

 

 

 

 

 

5) Assumer par la positive une affirmation de nos sexualités comme une sexualité et non comme problème. 

 

 

Dans nos élans de découverte pour et vers le tantra, toutes les collègues que j'ai croisé et moi-même avons été déçues, scandalisées, choquées et parfois même : traumatisées. 

Nous voulions découvrir cette théorie sacrée, en harmonie avec ce que nos intimités, en fait : il y avait vraiment tout à lier. On s'est ratées avec de l'homme à devoir masturber.

 

Une de mes collègues de Lisbonne, me partage sa lassitude "Nous en avons déjà parlés Soraya, je me sens fatiguée. C'est la pression. D'être toujours plus sensuelle voire sexuelle. Je suis fatiguée de ça. Je ne veux plus faire ça, je veux faire un travail de soin. Je sais que le Tantra, c'est beau. Pour notre développement, le mien aussi. Je dois faire des changements." 

 

 

 

 

Coincées dans un business où la sexualité est classée et vue par et pour le client, la masturbation est vue comme une chose à donner, à accomplir, à accélérer. Tout l'inverse de ce qu'on fait dans nos propres sexualités. Cela crée une confusion intérieure, une gêne qui nous pousse parfois à être presque heureuse lorsqu'il n'y a pas de client. 

Pourtant nous travaillons avec cœur, nous avons toutes eu de ces client-e-s qui vous chamboule et vous encourage à continuer. Parce que nous tenons bon de nous affirmer telle que l'on est. Et je cherche à comprendre, d'où vient ce mythe de la femme facile quand tout ce que je vois est : réflexion difficile. Où quand je pose nue et à l'aise de dire que je suis abstinente depuis des mois, ton regard ne veut pas me voir. 

 

Nous devons mettre les mains dans une société intoxiquée pour pouvoir développer nos croyances. 

 

5) Si les meutes mâles sont là, pourquoi les femmes sont là-bas ? 

 

Toutes mes collègues se sont passionnées comme une urgence pour apprendre le vagin, le clitoris, et toutes nos zones. Nous apprendre comme si nous étions étrangères. Elles se sont étudiées chapitre par chapitre pour recevoir la possible cliente qui viendrait par toute son autonomie, et par traîner par son compagnon pour le fantasme du trio avec la masseuse. & créer un espace de relaxation à l'image la plus loyale. 

 

 @mosaiceye image

 

7) Paradoxale is not being sick

 

Il y a pourtant dans cette dynamique, une vitrine qui rejetterait les femmes. Exposées dans nos sensualités, nudité, nous sommes condamnées à être vues faites pour et par les hommes. Jugées de n'appartenir qu'à leurs yeux, nous sommes des faciles, des salopes, des potentielles menaces car désirables. 

Toutes mes collègues se sont passionnées comme une urgence pour vous aimer. & je suis convaincue que les femmes sauront se recevoir, se réunir, se faire plaisir en toute sororité. 

 

 

 

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